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In Memoriam

Krista Hyde

C’est avec profonde tristesse que nous vous informons du décès de notre chère Krista, le samedi 20 juin 2020, après deux ans de lutte contre un cancer incurable. Krista était une jeune professeure et ancienne diplômée brillante du Département de psychologie de l’Université de Montréal. Krista Hyde rayonnait par sa passion pour la danse, la musique et le cerveau. Elle a réussi à canaliser ce feu en admirables recherches. Elle va nous manquer immensément.

Joanne-Lucine Rouleau

Joanne Lucine Rouleau, née à Rimouski le 2 mai 1951, est décédée à Montréal le 2 juillet 2020 à l’âge de 69 ans.

Joanne Lucine a complété son baccalauréat, maîtrise et doctorat à l’Université Laval. En 1981, elle a déménagé à Kingston, Ontario où elle a été nommée associée de recherche à l’Université de Queens. Pendant son temps à Kingston, Joanne a travaillé principalement au Kingston Penitentiary sous la direction du Dr William Marshall. Le programme de traitement pour les délinquants sexuels au Kingston Penitentiary était le premier programme du genre au Canada.

Après deux ans à Kingston, Joanne a reçu une offre de faire des études postdoctorales avec le Dr Gene Abel à Columbia Université, à New York, dans sa clinique d’évaluation et de traitement pour les agresseurs sexuels. En 1984, Joanne a été nommée professeure associée à Emory University à Atlanta, Georgia, où elle a continué de travailler avec le Dr Abel auprès des agresseurs sexuels. De 1984 à 1990, Joanne et le Dr Abel ont ouvert une clinique privée à Atlanta. Les superviseurs cliniques de Joanne, William Marshall et Gene Abel, sont reconnus mondialement comme les sommités dans le domaine d’évaluation de traitement des agresseurs sexuels. Joanne était prête à suivre leurs traces.

En juin de 1990, elle a été nommée professeure invitée à l’Université de Montréal, au Département de psychologie. Peu après, elle a été promue professeure agrégée. Durant sa carrière, elle a profité des congés de perfectionnement pour développer des collaborations internationales. Ainsi, elle a été nommée professeure invitée à l’Institut Kinsey à Bloomington, Indiana, à l’institut  Karolinska à Stockholm, Suède, à l’Université Mons Hainaut à Mons, Belgique, à l’Université de Victoria à Wellington, Nouvelle-Zélande et à l’Hôpital Paul Brousse, à Paris, France.

Joanne a pris sa retraite comme professeure régulière il y a un an, mais restait professeure associée au département de psychologie de l’Université de Montréal. De 1990 à 2015, elle a reçu de nombreuses subventions du Service correctionnel du Canada pour instaurer et maintenir un programme d’évaluation et de traitement communautaire pour les agresseurs sexuels. Durant cette même période, elle a supervisé plusieurs thèses de doctorat. Ses anciens étudiants et anciennes étudiantes occupent aujourd’hui des postes importants dans les organismes publics et parapublics du Québec, incluant les universités. En collaboration avec ses étudiants et ses collègues, Joanne a publié plus de 50 articles scientifiques et 150 présentations dans des conférences scientifiques. Sa contribution aux connaissances scientifiques de son domaine d’expertise est reconnue mondialement.

Toutefois, ses accomplissements académiques et sa contribution scientifique ne sont qu’une partie de son héritage. Son sens d’humour, son effervescence, son goût de la vie, et sa grande générosité ont marqué toutes les personnes qui étaient en contact avec elle. Son départ a laissé un profond vide dans les cœurs de sa famille, ses amies, ses collègues, ses étudiants et tous ceux qui l’ont connue.

Anne Salomon

Stéphanie Dudek

Le 20 février dernier est décédée, à l'âge de 98 ans, Mme Stéphanie Zuperko Dudek, professeure émérite du Département de psychologie. Titulaire d'un MA de l'Université McGill et d'un doctorat de Colombia, elle fut nommée professeure assistante en 1969 à l’Institut de psychologie, qui allait plus tard devenir le Département de psychologie. Elle y travailla pendant 25 ans jusqu‘à sa retraite en 1994.

Psychologue clinicienne spécialisée en psychologie de la créativité et auteure de plusieurs publications scientifiques, elle mena de nombreuses recherches sur la nature de la créativité, les relations entre personnalité et créativité et la capacité de la détecter par des tests projectifs comme par exemple, le test de Rorschach.

Dotée d'une curiosité sans limite, elle s’est aussi intéressée au vieillissement, à la créativité en architecture, aux facteurs qui déterminent l’engagement de l’artiste dans sa carrière, de même qu’aux profils de personnalité des gestionnaires internationaux. Elle a aussi étudié les facteurs de réussite des jeunes enfants et, plus généralement, l’évolution de l’apprentissage chez les jeunes de différentes tranches d’âge et de différents milieux.

Sa contribution exceptionnelle fut reconnue par le prix ''Famsworth'' pour service exceptionnel de la Société américaine de psychologie (APA) et par le prix pour ''Contribution exceptionnelle à la psychologie comme profession'' de la Société canadienne de psychologie (CPA). A cette occasion, on souligna comment elle avait su combiner avec un talent remarquable ses rôles de professeure, de chercheure et de clinicienne. 

Non contente d’être une scientifique et une clinicienne de premier plan, la professeure Stéphanie Zuperko Dudek laisse chez ceux et celles qui l’ont connue, le souvenir d’une enseignante de haut niveau qui savait transmettre à ses étudiants et étudiantes le goût de la rigueur et de la pensée critique.

André Delorme

La communauté universitaire a appris avec regret, le 28 septembre dernier, le décès à l’âge de 82 ans, d’André Delorme, professeur titulaire à la retraite au Département de psychologie.  Depuis 1963, il avait occupé au Département les fonctions de professeur-chercheur dans le domaine de la psychologie de la perception, en y assumant l’enseignement et la direction de nombreuses recherches expérimentales. Au plan administratif, il y avait aussi assumé d’une façon intérimaire les fonctions de directeur.

Ses recherches, particulièrement prolifiques, ont porté tant sur les nourrissons et les jeunes enfants que sur les adultes et les personnes âgées.  Il s’est intéressé entre autres à la stéréoscopie chez le nourrisson, au contrôle visuel de la posture chez le nourrisson et la personne âgée, au vertige des hauteurs chez le jeune enfant et l’adulte, et à la perception du mouvement de soi dans des conditions de simulation de vol.

Tout récemment, son fils Sébastien a résumé ainsi l’apport créatif et la passion de son père pour la recherche en psychologie de la perception :  « Ses études graduées lui ont donné goût à la recherche scientifique. Au cours de ses 38 ans de carrière comme professeur, son enseignement et ses travaux de recherche se concentrent sur la perception visuelle. Il s’intéresse entre autres à la perception des couleurs et des formes, aux illusions d’optique comme les effets consécutifs, à la perception de la profondeur et des distances, à la perception de la vitesse, au contrôle visuel de la posture, à la perception de mouvement de soi, etc.  Pour mieux comprendre le rôle du cerveau dans la perception, il s’intéresse à des cas limites, comme les illusions visuelles chez les déficients mentaux, la perception chez les nourrissons, les jeunes enfants, et les personnes âgées, la perception chez les autistes ayant des capacités exceptionnelles en dessin, l’absence de vertige chez certains autochtones, ou l’évolution historique de la représentation de la 3e dimension dans l’art. Dans les années 1980, pour étudier l’illusion de mouvement de soi, il construit dans son laboratoire une chambre mobile dans laquelle il mesure les oscillations posturales des sujets humains qui se tiennent debout lorsque la chambre fait un mouvement de va-et-vient, à l’aide d’une plateforme de force branchée sur un ordinateur Apple II. Ses travaux intéressent la division aviation de la multinationale montréalaise CAE (Canadian Aviation Electronics), qui cherche des moyens visuels d’augmenter l’illusion de mouvement de soi à bord de ses simulateurs d’avions civils et militaires. Il réalise également des expériences sur le vertige sur le toit du pavillon principal de l’Université de Montréal à près de 8 étages de hauteur. Tout au long de sa carrière, il nous amuse avec son regard humoristique sur l’évolution de la science psychologique, avec des réflexions comme par exemple “la psychologie est une science biodégradable”, signifiant que la biologie explique maintenant des phénomènes que la psychologie expliquait autrefois."

André Delorme a publié, entre autres, « La psychologie de la perception », ouvrage paru aux Éditions Études Vivantes en 1982 (et maintenant épuisé), de même qu’un chapitre qui sera abondamment cité par les spécialistes du domaine et qui est intitulé «Mécanismes généraux de la perception », dans le classique « Traité de psychologie expérimentale », publié en 1994 aux Presses Universitaires de France sous la direction de Marc Richelle, Jean Requin et Michèle Robert.  Plus récemment, alors qu’il était à la retraite, il a co-édité en 2003 chez Gaétan Morin Editeur, en collaboration avec le professeur Michelangelo Fluckiger, de l’Université de Genève, « Perception et réalité », livre qui explore le fonctionnement des perceptions et montre comment les concepts théoriques s’articulent avec les preuves expérimentales. Ce livre a également été publié en Europe par les prestigieuses Editions de Boeck, dans leur collection Neurosciences & Cognition.